Partager l'article ! suite2 de Napolien: Retour à Paris, situation de la France Il rentre en France, le 23 août 1799, en catimini, à bord de la frég ...
Il rentre en France, le 23 août 1799, en catimini, à bord de la frégate La Muiron, abandonnant au général Kléber une armée diminuée et malade. Il débarque à Saint-Raphaël le 9 octobre 1799 après avoir miraculeusement échappé aux escadres britanniques pendant les 47 jours de la traversée.
Sur le chemin qui le mène à Paris, il est acclamé par la population. Jean-Baptiste Kléber se révèle un excellent administrateur et le 20 mars 1800, réalise l’exploit de vaincre les Turcs à la bataille d’Héliopolis. Cette victoire permet à la France de conserver l’Égypte, mais Kléber meurt assassiné, le 14 juin 1800 au Caire, le jour où Napoléon gagne de justesse la bataille de Marengo en Italie, grâce à la charge héroïque de Desaix, qui est tué lors de l’assaut.
Le successeur de Kléber, le général Menou, capitule le 31 août 1801 devant les forces turco-britanniques après avoir perdu 13 500 hommes, principalement victimes des épidémies au cours des négociations de paix. Les soldats français restants sont rapatriés sur les vaisseaux britanniques vers la France.
Arrivé dans la capitale, le général s’entretient avec Talleyrand, homme politique d’expérience et fin connaisseur des forces en jeu.
Le schéma du coup d’État du 18 Brumaire (9 novembre 1799) prévoit les opérations suivantes : Bonaparte aura le commandement en chef de l’armée pour le maintien de l’ordre dans Paris et dans les assemblées. On envisage de déplacer les assemblées au château de Saint-Cloud sous le prétexte d’un péril jacobin. En effet, depuis 1789, les assemblées se trouvent toujours sous la menace de la population parisienne.
L'essentiel des événements se déroule le 19 brumaire à Saint-Cloud. Les révisionnistes avaient envisagé une démission collective des cinq directeurs, mais les assemblées ont du retard car cette idée ne fait pas l’unanimité ; Bonaparte s’impatiente et décide d’intervenir.
Il tient un discours maladroit devant le Conseil des Cinq-Cents, discours hué par les députés qui l’accusent de vouloir instaurer la dictature. Bonaparte est alors contraint de quitter l’assemblée. Mais il prend rapidement la situation en main avec l’aide de son frère Lucien qui préside les cinq-cents. Lucien évite que Napoléon soit mis en cause par les députés qui veulent voter pour mettre hors-la-loi Bonaparte. Lucien retarde le vote et va chercher Murat qui vient avec la troupe et met de l’ordre dans les assemblées, disant que certains députés voulaient poignarder Bonaparte pour justifier une intervention de l’armée.
Les représentations des députés sortant par les fenêtres et voulant poignarder Napoléon sont très répandues. Bonaparte est de fait l’homme fort de la situation, qui fait basculer un coup d’État
parlementaire en un coup d’État militaire.
Mais Bonaparte reste attaché aux formes juridiques et dans la soirée du 19 Brumaire, les députés restent à Saint-Cloud pour voter la décision de nommer deux commissions pour préparer une
nouvelle constitution. On constate alors une volonté d’appuyer le régime sur le vote des représentants du peuple.
Le 20 brumaire les trois Consuls sont désignés : Bonaparte, Sieyès et Ducos. C’est le début du Consulat. Roger Ducos est tout acquis à Bonaparte, alors que Sieyès lui n’entend pas se résigner à abandonner le pouvoir à Bonaparte seul. Il entend bien jouer un rôle dans le gouvernement du Consulat. Pour contrecarrer son encombrant collègue, Bonaparte, multipliant les provocations, maintient aux portefeuilles ministériels les ennemis de Sieyès en offrant les relations extérieures à Talleyrand et celui de la Police à Fouché.
Le travail de rédaction de la Constitution est confié officiellement à deux commissions législatives formées de députés des Cinq-Cents et des Anciens. Mais en fait, c’est Sieyès qui va proposer un projet. À l’examen, le projet s’avérera trop complexe, voire irréaliste. En effet, il prévoit l’instauration d’un régime démocratique fondé sur un pouvoir législatif fort représenté par trois chambres. L’exécutif sera, quant à lui, réduit à une magistrature à vie purement honorifique et à deux consuls aux fonctions limitées.
Bonaparte profite des faiblesses de ce plan pour imposer son propre projet et se débarrasser de son encombrant rival. Du 4 au 13 décembre 1799, il réunit ainsi les deux commissions dans son bureau pour élaborer le texte de la nouvelle constitution.
La Constitution de l’an VIII est adoptée en comité restreint le 13 décembre 1799. Elle s’inspire en partie du projet de Sieyès, mais intègre les idées politiques de Napoléon Bonaparte, notamment concernant le pouvoir exécutif. Sieyès, lui-même, sera chargé de désigner les trois consuls de la république : Bonaparte comme premier consul, puis Jean-Jacques-Régis de Cambacérès et Charles-François Lebrun, comme 2e et 3e consuls de la République. Sieyès, quant à lui, sera relégué au poste de président du Sénat.
« Lorsque je me mis à la tête des affaires, la France se trouvait dans le même état que Rome, lorsqu’on déclarait qu’un dictateur était nécessaire pour sauver la République » (Bonaparte).
La Constitution de l’an VIII entre en vigueur le 25 décembre 1799. Bonaparte établit la Constitution sous des apparences démocratiques, mais organise un pouvoir autocratique, toutes les évolutions du régime ne feront qu’accentuer le caractère autocratique du pouvoir.
Le pouvoir législatif est divisé en trois assemblées (tricamérisme) :
La préparation de la loi appartient à l'exécutif, par le biais du Conseil d’État, chargé de rédiger les textes législatifs.
Le pouvoir fonctionne de manière autoritaire, les procédés de démocratie semi-directe (quelque peu fictive) sont soigneusement organisés et contrôlés. Le consul corrige lui-même les résultats s’ils ne sont pas satisfaisants. Le Consulat est une forme de despotisme éclairé.
En 1800, Bonaparte attaqua et vainquit l’Autriche une nouvelle fois. Battus à Marengo par Napoléon et à Hohenlinden par Moreau, les Autrichiens durent signer le traité de Lunéville le 9 février 1801, ce qui amena les Britanniques à signer la paix d’Amiens le 25 mars 1802 (4 germinal an X, contresignée deux jours plus tard). Si son pouvoir était fragile au lendemain de Brumaire, la victoire de Marengo et ses suites consolidèrent fortement la situation de Bonaparte.
Le 24 décembre 1800, une « machine infernale » (bombe) l’attendait rue Saint-Nicaise. Le cocher du Premier consul passa au grand galop. La bombe explosa trop tard et seules les vitres du véhicule furent soufflées. Sur place, en revanche, ce fut le carnage. On dénombra 22 morts et une centaine de blessés. Fouché, alors ministre de la Police, réussit à prouver que l’attentat était l’œuvre des royalistes, alors que Bonaparte était persuadé avoir affaire aux Jacobins. L’exécution du duc d’Enghien en sera une conséquence.
En 1802, Bonaparte demande que les cendres du Maréchal de Turenne soient transférées aux Invalides. Il est en effet un fervent admirateur de Turenne, dont il reprendra avec succès la stratégie d’attaque par surprise (Bataille de Turckheim, 1675) dans ses campagnes de 1805 à 1812. Par la suite, enivré par ses victoires, s’engageant avec témérité en Russie avec la Grande Armée, il oubliera que toute campagne nécessite une étude approfondie et collective du terrain et de la psychologie de l’ennemi.
La même année, Bonaparte rétablit l’esclavage dans les colonies. Ce rétablissement devait faire repartir une économie défaillante dans les colonies des Antilles.
Il fallut attendre 1848 pour que l’abolition définitive de l’esclavage soit promulguée.
Bonaparte vendit la Louisiane, immense territoire d’Amérique du Nord, aux États-Unis, en 1802.
Il envoya une armée forte de 34 000 hommes à Saint-Domingue sous les ordres du général Leclerc pour rétablir l’autorité de la France. Après quelques succès, notamment la capture de Toussaint Louverture (qui mourut au fort de Joux, dans le Doubs, le 7 avril 1803), son armée affaiblie par une épidémie de fièvre jaune fut anéantie par les soldats de Jean-Jacques Dessalines.
Après que Bonaparte eut étendu son influence sur la Suisse, qui mit en place les institutions décentralisées actuelles, et sur l’Allemagne, une dispute à propos de Malte servit de prétexte aux Britanniques pour déclarer une nouvelle fois la guerre à la France en 1803, et pour soutenir l’opposition royaliste à Bonaparte. Celui-ci réagit : l’idée d’une invasion du Royaume-Uni se fait jour, et pour ramener à la raison les royalistes, qui, peut-être, complotent dans l’ombre, le Premier consul fait exécuter le duc d’Enghien, prince Bourbon. L’exécution qui se déroule à Vincennes après un simulacre de procès, ne suscite pas d’autres protestations que celles du Royaume-Uni, de la Russie et de l’Autriche qui s’en tiennent à quelques timides reproches. C'est cependant cet acte qui assoit la réputation de « Robespierre à cheval » de Napoléon (à Sainte-Hélène, Napoléon assumera cet acte, malgré la très probable implication de Talleyrand). Après ce gage donné aux républicains, dans la mesure où le Premier consul réitère le crime des régicides, celui-ci se couronne Empereur le 2 décembre 1804.
À proprement parler, l’Empire naît à la demande du Sénat. Steven Englund se rallie à l’opinion selon laquelle il s’agissait, initialement, de protéger la République. Le Consulat abattu, l’ordre se serait effondré avec lui. Empereur, il devenait une institution, scellant la pérennité des valeurs républicaines. Il pouvait mourir : l’hérédité du titre était censée protéger le pays des bouleversements et de la perte des acquis révolutionnaires (avec, en premier lieu, l’égalité, loin devant la liberté). C’est ainsi que les monnaies impériales portent, sans hypocrisie, la mention « Napoléon Empereur - République française ».
Par suite seulement, cet Empire « républicain », protégeant les acquis révolutionnaires, se fera « impérialiste ».
Le sacre impérial, événement unique dans l’Histoire de France représenté sur le tableau de Jacques-Louis David, Le Sacre de Napoléon, est lourdement chargé en symboles. Le passage de la République à l’Empire nécessite la création d’armoiries impériales, ainsi que la création d’objets symboliques destinés à établir une tradition auparavant inexistante. Napoléon, qui se veut rassembleur, décide d’associer aux symboles de son règne les images qui ont pu représenter auparavant la France, ainsi que les pouvoirs forts européens.
L’aigle est choisi en référence aux aigles romaines, portées par les légions, mais il est également le symbole de Charlemagne, l’aigle éployée. C’est d’ailleurs une erreur de lecture qui donnera pour symbole de l’Empire français un aigle aux ailes déployées : en héraldique, éployée se dit des oiseaux et des animaux chimériques représentés avec les ailes étendues (un aigle à deux têtes aux ailes déployées en est un bon exemple). La couleur rouge du manteau impérial, est une référence directe au pourpre de l’imperium romain. Napoléon se pose ainsi en héritier de l’Empire romain et de Charlemagne.
Les abeilles sont censées rappeler les Mérovingiens (des broches les représentant ayant été retrouvées dans des tombeaux de cette époque), et leur disposition sur les armoiries et le manteau impérial doit rappeler les fleurs de lys des capétiens. La main de justice, utilisée par les Capétiens lors des sacres royaux doit faire apparaître qu’il est l’héritier de leur pouvoir. Napoléon veut montrer qu’il est le fondateur de la « quatrième dynastie », celle des Bonaparte, après les Mérovingiens, les Carolingiens, et les Capétiens.
D’autres symboles utilisés pendant le sacre sont chargés de valeurs morales. Ainsi, Napoléon tient un moment le globe de Charlemagne ; il porte la couronne de ce même empereur (ces deux éléments ayant été forgés de toutes pièces avant le sacre). Son épée et son sceptre sont dits "de Charlemagne" : ils ont été en réalité utilisés depuis plusieurs siècles par les Valois puis les Bourbons lors de leurs sacres.
L' auto-sacre de Napoléon, sous les yeux du Pape, qui semble réduire le pape Pie VII à bénir le couronnement du chef d'état Français, est également l’occasion de revenir sur les rapports entre la France et la papauté.
La signature du Concordat par le Premier consul en 1801 reconnaît le catholicisme comme la religion « de la majorité des Français », et non plus comme religion d’État. Les prêtres reçoivent désormais un traitement de la part de l’État. Afin de montrer sa puissance, Napoléon ne va pas se faire sacrer à Rome, comme autrefois Charlemagne et les Empereurs Germaniques (jusqu'au XVe siècle) , c'est le pape que l’on fera venir à Paris.
Napoléon l’accueille irrespectueusement en forêt de Fontainebleau, à cheval et en habit de chasse, voulant faire croire au caractère fortuit de la rencontre. Napoléon offensera encore le Souverain Pontife en lui prenant des mains la couronne de l’impératrice, mais surtout en se couronnant lui-même. De cette manière, il affirme la primauté du politique (et donc du séculier) sur le religieux.
Le rapprochement entre Napoléon et l’Église est donc le fruit d’un calcul politique de la part de l'Empereur. Au-delà de la valeur morale qu’a pu avoir un sacre religieux aux yeux des catholiques, de la valeur symbolique d’un couronnement pontifical rappelant le sacre des empereurs germaniques, Napoléon se place à l’égal, voire au-dessus des rois européens comme successeur de Charlemagne et des Empereurs de la Rome Antique. La présence du pape au sacre donne une dimension morale et légitime supplémentaire à l’Empire.
- Celui-ci n’est plus simplement le fruit d’une révolution, c’est un couronnement divin comme comme les autres souverains européens mais qu’aucun des souverains d’Europe ne peut égaler. Napoléon se place au même niveau que le souverain du Saint Empire Romain Germanique avant de la dépasser et d'être le seul Empereur en Europe. François II l'avait d'ailleurs bien compris puisqu'après la proclamation de l'Empire Français, il décrête que l'Autriche, alors archiduché, devient aussi un Empire -.
La présence du pape est donc davantage un message aux pays européens qu’un hommage catholique de la part de Napoléon.
Napoléon, d’ailleurs peu sensible au sort du Vicaire du Christ, n’hésite pas à le retenir prisonnier à Fontainebleau. Dans l’idée d’affirmer la puissance de la France dans le domaine spirituel, il envisagera de transférer la résidence du pape de Rome à Paris, avant d’abandonner cette idée.
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